Photo Lucian Bor

fonds Yohan Serfaty

pour la Création contemporaine

et le Dialogue des cultures

Dix ans après sa disparition, Yohan Serfaty est célébré par un Fonds honorant son talent. Son héritage revit lors d’une vente caritative de 300 pièces, soutenue par ANDAM, au profit de la jeune création. Plus qu’un hommage, c’est une transmission fidèle à son esprit visionnaire.

Événement

11 novembre 2026

-21 mars 2027


Musée des Arts Décoratifs

107 rue de Rivoli, 75001 Paris

Du 11 novembre 2026 au 21 mars 2027, le musée des Arts décoratifs rend hommage à Yohan Serfaty, créateur de mode visionnaire, spécialiste du cuir et fondateur de Y.Project, disparu en 2013. Voulu comme un hommage ouvert à la création vivante, cet accrochage de quelques looks, bijoux et accessoires du créateur intègre aussi des pièces de lauréats de l’ANDAM (Association Nationale pour le Développement des Arts de la Mode, fondée en 1989 par Nathalie Dufour). Ces pièces entrent en dialogue avec l’inspiration gothique irriguant le style de Yohan Serfaty. La présentation se tient au sein du département Moyen Âge / Renaissance, mettant ainsi en regard les créations contemporaines et des œuvres anciennes à la fois religieuses et profanes, d’un imaginaire apparenté, nourri de mystère. Le vêtement est-il parure, relique ou talisman ?

Cet hommage naît de l’intention de Nathalie Serfaty, sœur du créateur, qui, en sa mémoire, a fait don en 2024 au musée des Arts décoratifs de quatre silhouettes emblématiques pour homme. En 2025, le produit de la vente des archives Y.Project a permis de soutenir la mission de l’ANDAM grâce au Fonds de dotation Yohan Serfaty en faveur de la jeune création. Le dispositif réunit ainsi des créations de plusieurs lauréats parmi lesquels Martin Margiela, EgonLab, Sarah Levy, Benoît Méléard, Maeden, Vicente Rey, Natalia Brilli et Marine Serre.

L’exposition, de dimension intimiste, prend place dans trois des salles du parcours permanent dédiées à l’art du Moyen Âge et du début de la Renaissance. L’une, consacrée au style gothique international, sert d’écrin à un ensemble de bijoux de Yohan Serfaty, en cuir et argent, inspirés de l’anatomie humaine, en écho aux retables, tableaux et sculptures figuratives illustrant l’Ancien et le Nouveau Testament. Dans la seconde salle, décorée de la frise sculptée de la vie et des Travaux d’Hercule (vers 1510), qui provient du château andalou de Vélez Blanco, est présentée une silhouette étendue de Yohan Serfaty, en peau et maille, encadrée de deux blousons sur torses en alligator et cuir, l’un de Yohan Serfaty et l’autre de Martin Margiela. À leurs côtés, des accessoires en cuir de Natalia Brilli et de Sarah Levy veillent sur ce dispositif hiératique.

Enfin, la period room évoquant une chambre de la fin du XVe siècle, est habitée de silhouettes d’EgonLab et de Marine Serre, que jouxte une tenue pour femme, en reptile, de Yohan Serfaty. Ces créations de mode sont exposées parmi des pièces de mobilier d’époque, sur lesquelles sont disposés des accessoires féminins : souliers en plume de Vicente Rey, chapeau en fourrure de Ruslan Baginskiy, sac en peau griffé Maeden, gant à talon haut de Benoit Méléard évoquant une présence stylisée.

Le cuir, matériau de prédilection de Yohan Serfaty, et medium sensible de tant d’autres créateurs, est ainsi le protagoniste de cet hommage médiéval.